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ZOOM REUSSITE NOVEMBRE 2014



Chaque trimestre, un(e) ancien(ne) étudiant(e) est mis(e) à l'honneur pour sa réussite professionnelle

Ce mois-ci, Loïc Louit, diplômé du Master OPSE 2012, préparateur physique à l'USAP rugby, revient sur son cursus et son insertion professionnelle



Comment es tu « arrivé » en STAPS ?

 

Je me suis inscrit en STAPS en septembre 2004 après mon bac ES. J'avais toujours voulu travailler dans le sport. A l'époque, comme beaucoup d'autres étudiants, mon projet était de devenir enseignant d'EPS. En juin 2008, j'ai donc validé ma Licence éducation et motricité, mais je me suis finalement rendu compte que j'étais plus attiré par le milieu de la préparation physique que par celui de l'enseignement : l'intervention axée sur la production de performances m'attirait plus que l'intervention dans le domaine de l'éducation. J'ai donc passé la Licence entrainement sportif l'année suivante. J'aurais pu passer en MASTER 1 directement après ma Licence éducation et motricité et ambitionner ensuite de rentrer en Master 2 OPSE mais cela ne m'a pas paru pertinent car j'aurais manqué de bases et d'expériences. J'ai donc mis à profit mon année de Licence entrainement sportif pour faire un maximum d'heures de stage en intervention et me documenter de manière intense.

Comment s'est passée cette année de Licence entrainement sportif ?

Je n'avais pas beaucoup d'heures de cours puisque j'avais validé le tronc commun de la Licence. Le plan d'étude qui m'a été proposé consistait uniquement à repasser les unités d'enseignements spécifiques à la 3ème année de Licence entrainement sportif. J'ai donc profité du temps que j'avais pour multiplier les expériences de stages facultatifs en tant que bénévole. Grâce à ma Licence éducation et motricité, j'avais de bonnes bases en matière d'intervention et de gestion des groupes. Il ne me restait plus qu'à développer mes compétences dans le contexte de la performance. Grâce à un ancien de mes entraineurs qui intervenait au club de rugby d'Auch, j'ai intégré cette structure. J'y ai assuré différentes interventions en musculation (au niveau du centre de formation), en préparation physique (au niveau de l'équipe cadet) et en motricité plus générale (au niveau de l'école de rugby). Etant titulaire d'une Licence éducation et motricité,  j'avais eu l'opportunité d'être enseignant d'EPS vacataire, mais je ne l'ai pas saisie car je préférais me concentrer sur mon nouveau projet professionnel. Je pense que j'ai bien fait car, à la fin de l'année, lorsque j'ai validé ma Licence entrainement sportif, j'avais un gros volume d'interventions derrière moi ; beaucoup plus que la plupart de mes camarades de promotion.

Et en suite, tu as enchaîné sur un MASTER ?

Oui, arrivé au master 1, j'ai décroché un stage rémunéré en préparation physique dans le club de rugby du FCTT (Football Club Toec Toac) - qui est un club de niveau Fédérale 2. Dans ce club, j'ai entrainé un enseignant vacataire de la F2SMH en filière APAS : le Dr Thibaut Guiraud - qui est par ailleurs responsable des programmes de rééducation cardiaque de la clinique de Saint Orens. Cette rencontre hasardeuse a été très importante pour moi, car il m'a beaucoup aidé. Il m'a notamment orienté vers le diplôme universitaire (DU) de Bordeaux - que j'ai obtenu cette année là. Peu de personnes m'ont aidé comme il l'a fait : il a pris de son temps personnel pour m'accompagner dans mon projet professionnel ainsi que dans mon travail de recherche. Je me suis vraiment régalé dans ce travail de recherche de Master 1 et de DU ; il portait sur la capacité des enfants et des adultes à répéter des sprints. Une partie de ce travail a d'ailleurs été publié (Louit, L., Bosquet, A. et Guiraud, T.  "Etude de la capacité à répéter des sprints chez des joueurs de rugby préadolescents. Sciences et sports 2012).

Tu passes donc ton Master 1 à Toulouse en validant parallèlement un diplôme universitaire de préparation physique à Bordeaux ?

Oui, exactement. Et je peux dire que j'ai franchi un palier avec le DU. Le déclic de cette année 2010, c'est que j'ai assimilé les contenus des cours que je recevais, mais que je me suis aussi intéressé de plus en plus à la méthodologie que les professionnels de la préparation physique mettaient en œuvre pour développer leurs compétences et leur niveau d'expertise. J'ai compris que, dans ce métier, on se forme en continu ; et qu'il fallait saisir chaque opportunité qui m'était présentée de rencontrer un professionnel pour échanger avec lui sur sa « philosophie » de l'entraînement ainsi que sa méthode ou ce qui lui a permis de se démarquer et d'arriver au niveau où il est. Je suis donc rentré dans une sorte de logique d'auto formation permanente et chaque nouvelle rencontre avec un collègue entraîneur ou préparateur physique est d'ailleurs encore aujourd'hui l'occasion d'échanger et de m'intéresser à sa méthodologie.

 


Après cette année de Master 1 et diplôme universitaire, tu enchaînes donc sur le  MASTER2 OPSE

Oui, je n'ai pas validé l'intégralité de mon Master 1 à l'issue de l'année 2009-10, donc en 2010-11, je me suis ré-inscrit en Master 1 et j'ai consolidé mes expériences professionnelles. J'ai donc validé mon Master 2 OPSE en 2012. Ces années de Master m'ont permis d'affiner mon expertise et d'être plus mature dans mon approche professionnelle. Une fois diplômé, j'ai commencé à travailler en tant que préparateur de l'équipe professionnelle d'Auch, mais j'ai aussi continué à me former en validant des formations de préparation physique à Londres. Les cours étaient dispensés par la société Athlètes performance. Cette société, qui prend en charge l'entraînement d'un grand nombre de joueurs américains professionnels dans les championnats de NBA, NFL ou MLB, propose des méthodes d'entraînement basées sur la qualité qui s'avèrent particulièrement innovantes et efficaces mais qui ne sont malheureusement pas enseignées en France. Petite parenthèse, cette même année, j'ai aussi essayé de passer la LICENCE APAS, mais, par manque de temps, je n'ai pas pu l'obtenir.

Une Licence EM, un Master OPSE, pourquoi avoir voulu ensuite t'engager dans un cursus APAS ?

La Licence APAS me permettait de décliner mon expertise dans un nouveau contexte : elle me permettrait d'ouvrir mon champ de possibles à des secteurs comme la rééducation post opératoire. Je pense que les équipes médicales et paramédicales commencent à s'ouvrir aux méthodes de l'entraînement sportif et que des spécialistes de la préparation physique qui ont aussi quelques bases en APAS peuvent intéresser leurs services. L'idée était alors de me construire un profil suffisamment polyvalent pour ne pas avoir de soucis pour trouver ma place sur le marché du travail. On a rarement accès à des emplois à temps plein lorsque l'on est fraichement diplômé de la filière entrainement sportif. L'idée était donc de diversifier les types d'emplois que je pouvais occuper de manière à pouvoir m'assurer 35 à 40 heures par semaines. Mais au final, je me suis vite rendu compte que j'étais en train de faire ma place dans le milieu du rugby professionnel et je me suis donc détourné de ce projet en cours d'année ; sans valider ma licence APAS.

Tu as commencé à travailler dans le domaine de la préparation physique dès ton Master 1, comment s'est passé le passage du statut d'étudiant à celui de jeune diplômé ?

En effet, dès ma Licence entrainement sportif, j'ai toujours cumulé études et emploi avec souvent un minimum de 20h de boulot en plus de mes cours chaque semaine. Certains emplois étaient rémunérés, d'autres bénévoles : jusqu'à la Licence, j'ai accumulé tout un tas d'expériences de stage dont la plupart étaient des stages facultatifs que je réalisais en plus. Ces stages de Licence m'ont beaucoup apporté. Certes, je n'entraînais pas encore d'équipe professionnelle, mais j'ai pu acquérir de l'expérience de terrain sur la gestion des hommes et la conception d'un programme d'entraînement ou de préparation physique. A partir de mon Master 1, j'ai continué dans cette dynamique, mais le niveau des sportifs que je gérais a augmenté et j'ai exigé d'être payé. Dans la mesure où j'étais désormais titulaire d'une carte professionnelle (obtenue grâce à l'obtention de sa Licence ES), je me refusais à exercer mon activité de manière bénévole. C'était ma manière à moi de ne pas « brader » la formation que j'avais reçue. 

Quel(s) emploi(s) as-tu occupé(s) au cours de tes études ?

Depuis ma première année de Master 1, j'ai toujours cumulé 2 ou 3 emplois différents. En 2009-10 par exemple, j'enseignais l'EPS dans une école privée de préparation au concours du CRPE (professorat des écoles) en plus d'être préparateur physique au FCTT. Beaucoup d'étudiants ne le savent pas : mais il n'y a pas besoin d'un CAPEPS pour enseigner l'EPS : une licence éducation et motricité suffit. Le CAPEPS ou l'agrégation d'EPS sont des concours organisés par le Ministère de l'Education Nationale qui donnent le statut de professeur d'EPS, mais il y a des structures privées qui embauchent des gens qui ont une Licence éducation et motricité et qui ne sont pas titulaires du CAPEPS ou de l'agrégation. Bien sûr, les statuts y sont plus précaires que dans la fonction publique, mais il faut savoir que ça existe ! Concrètement, mon travail consistait à préparer les étudiants aux épreuves physiques et théoriques d'EPS du concours du professorat des écoles : je leur dispensais donc à la fois des cours magistraux en amphi et des cours sur les terrains de sport. Parallèlement, j'étais préparateur physique au FCTT. Mes conditions de travail y étaient également précaires puisque je n'y avais tout bonnement signé aucun contrat ! Mes premières négociations salariales furent particulièrement difficiles (elles le sont toujours, d'ailleurs, mais heureusement, les montants ont évolué !). Pour te donner un ordre d'idée, je gagnais autour de 1 100€ net par mois avec ces 2 emplois et quelques extras lorsque j'encadrais des stages de rugby. Lors de ma 2nde année de Master 1, j'ai quitté le FCTT et travaillé pour la Société Sport Pro Santé qui m'a alors confié la préparation physique de l'équipe 1 du club de rugby de Blagnac ainsi que des séances de préparations physique en coaching personnel. Par ailleurs, le club de rugby d'Auch - où j'avais effectué mon stage de Licence ES - m'a proposé un poste de préparateur physique. Je fonctionnais dans tous ces emplois sur un statut d'auto entrepreneur et avec des défraiements. Mes conditions de travail étaient toujours précaires, mais je gagnais un peu mieux ma vie : la fourchette se situait autour des 1 100€ à 1 400€ net. L'année de mon Master 2, mes missions avec Sport Pro Santé se sont arrêtées, mais je suis resté préparateur physique dans les clubs de Blagnac et d'Auch. J'ai également conservé 2 à 3 clients par semaine en coaching personnel. J'étais toujours sur un statut d'auto entrepreneur et j'ai amélioré ma fourchette salariale qui tournait alors entre 1 300€ et 1 700€ nets par mois. Mon salaire a continué de progresser l'année suivante car le club d'Auch m'a confié la charge de l'équipe professionnelle, que j'ai gardé mon volume de clients personnels et que j'ai également commencé à donner des cours en STAPS en tant que vacataire dans la filière entrainement sportif. Mes conditions de travail se sont aussi améliorées puisque le club d'Auch m'a attribué une voiture de fonction et m'a recruté en CDD. Une fois diplômé du Master 2 OPSE, j'ai continué avec Auch, mes clients personnels, la F2SMH de Toulouse et j'ai également donné quelques cours à l'UFR STAPS de Tarbes. J'ai donc passé 2 années de plus au club de Auch avant d'être recruté à l'USAP (qui joue également en Pro D2).


Après 4 ans passés à Auch, dont 2 alors que tu n'étais pas encore diplômé de Master 2, tu as décidé de changer de club

Oui, depuis juillet 2014, je suis préparateur physique à l'USAP (club de rugby de Perpignan qui joue en Pro D2). Patrick Ballesta (préparateur physique en chef du club Perpignanais) m'a été présenté par Arnaud Costes - un entraineur avec qui je travaillais lorsque j'étais à Blagnac. Il avait envie de travailler avec moi car il avait entendu de bons échos à mon sujet. Dans ce milieu, le bouche à oreille est souvent la voie de recrutement privilégiée. Cela n'a pas été simple pour moi de quitter Auch. Auch, c'était le club de ma région native ; j'y étais très attaché. Mais après un déjeuner avec le manager de l'USAP Alain Hyardet, j'ai trouvé que la perspective qui s'offrait à moi était fort stimulante et j'ai eu envie de m'engager dans l'aventure. Je tiens à préciser que la descente d'Auch en 3ème division n'a pas influencée mon départ : j'avais décidé de partir avant la fin de la saison.


Comment cette équipe de 3 préparateurs physiques est-elle structurée ?

Nous sommes 3. Patrick Ballesta est le préparateur physique en chef ; il manage la préparation physique dans son ensemble et encadre tout particulièrement la musculation. Nicolas Szezur, s'occupe du relevé statistique, des séances personnalisées pour les joueurs et  des séances de vitesse. De mon côté, je m'occupe des séances spécifiques, des joueurs blessés, de la charge d'entrainement et du suivi de la performance.

Qu'est-ce qui te plait dans ce que tu fais ?

Il est plaisant de travailler dans le domaine que l'on souhaite. De ce point de vue, je crois que je peux dire que je suis servi ! Je travaille en tant que préparateur physique dans un club professionnel et parallèlement, je satisfaits mon besoin de rester performant en mettant à jour mes connaissances. En effet, j'ai conservé mon activité d'enseignant vacataire à la faculté et cela me donne l'occasion de lire et de me tenir au courant des dernières publications. Rien n'arrête le progrès, les méthodes évoluent en permanence, et il est selon moi très important de mener une activité d'auto-formation performante. Avec Internet, beaucoup de données sont disponibles, mais une faible partie d'entre elles sont pertinentes. Mon travail à la fac me permet de rester vigilent par rapport à ça et de rester en phase avec l'évolution des savoirs scientifiques en matière d'entraînement et de préparation physique. Par ailleurs, je suis amené à faire des rencontres humaines extrêmement enrichissantes. A leur manière, tous les entraineurs ou préparateurs physique (Arnaud Costes, Jean Marc Aué, Thierry Bourdet, Julien Sarraute, Grégory Patat entre autre...) avec qui j'ai travaillé m'ont inspiré et, même après notre collaboration, lorsque je suis parti, la plupart sont restés des amis. Une équipe de rugby, c'est comme une petite famille formée de personnes venant d'horizons très différents. Malgré nos singularités, il faut se créer une histoire commune et se focaliser sur les objectifs que l'on partage. Ça se passe souvent bien... parfois moins bien... mais dans tous les cas, les liens noués sont très forts et j'y suis très attaché.

Qu'est-ce qui te plait moins ?

La pression du résultat et la difficulté de concilier vie professionnelle et vie privée constituent  certainement le revers de la médaille. Dans mon métier, au niveau perso, il est inutile de planifier et de se projeter dans le futur : d'une semaine à l'autre tout peut arriver. C'est l'une des règles du « jeu » dans lequel je joue... Mais si l'on ne l'accepte pas ou plus, c'est probablement qu'il faut faire autre chose ! De la même manière, si tu es en couple, il faut que les choses soient claires et acceptées par ta ou ton partenaire : par exemple les jours fériés n'existent pas dans la réalité de mon métier. De la même manière, les vacances sont rares et une partie d'entre elles sont imposées à des moments précis du calendrier sportif.

Globalement, ton métier correspond-il à l'idée que tu t'en faisais ?

Oui, le métier correspond tout à fait à l'idée que je m'en faisais lorsque j'étais étudiant ; mais je n'avais probablement pas assez conscience du fait que le nombre de postes « intéressants » n'est vraiment pas élevé. On ne s'en rend compte que quand on observe les mouvements professionnels dans le milieu. Chaque année les clubs où je travaille reçoivent un nombre très important de CV ou d'appels alors que les postes ne sont pas vacants. Globalement, je dirais qu'il y a 200 postes de préparateurs physiques ou d'entraîneurs professionnels dans le monde du rugby en France. Du coup, le cumul d'emplois ou la réorientation ont parfois été nécessaires pour certains de mes camarades de promotion. Peut être ne s'étaient-ils pas suffisamment préparés à l'idée que la spécificité de notre formation est qu'on doit se faire sa place et que cela nécessite parfois plusieurs années avant d'être à temps plein sur une seule structure. Sans doute n'avaient ils pas pensé à « prendre de l'avance » en commençant à se professionnaliser avant d'être sortis des bancs de l'Université.


Et pour finir, qu'aurais-tu envie de dire aux étudiants ou aux jeunes diplômés qui liront cette interview ?

Je n'ai pas de leçons à donner mais je pense pouvoir donner quelques conseils sur plusieurs points : Au niveau « scolaire », il ne faut pas se limiter à l'obtention des diplômes, il faut commencer à rentrer le plus tôt possible dans un processus « d'auto formation » en multipliant la lecture de livres, d'articles et le choix de formations, de diplômes ou de conférences qui vous permettront de construire votre expertise et de faire la différence sur un CV comme sur le terrain. D'autre part, ayez à l'esprit que le sujet de votre mémoire de recherche de Master ainsi que celui de votre stage sont fondamentaux. Ils vous permettront éventuellement de vous démarquer des autres étudiants de votre promo et ils vous permettront probablement d'orienter vos choix futurs. Soyez ambitieux dans votre travail de recherche car cela vous permettra non seulement de développer votre expertise mais aussi d'être un peu plus facilement reconnu dans le milieu professionnel que vous visez. C'est vraiment l'une des plus value d'une formation de niveau Master réalisée à l'Université. Vous avez acquis des savoirs scientifiques et vous avez l'opportunité de faire de la recherche. Valorisez le, car c'est un moyen de construire votre expertise et n'hésitez pas à publier votre mémoire de recherche si vous en avez l'occasion ; ma publication m'a certainement permis d'être plus légitime dans mon milieu.

Au niveau professionnel, le conseil que j'aurais envie de donner est de ne pas vouloir aller trop vite. A vos débuts, les clubs les plus prestigieux ne sont pas forcément ceux qui vous proposeront les meilleures conditions de travail et/ou d'apprentissage. Souvent les gros clubs font rêver les étudiants par leur prestige, mais les étudiants ignorent que ce sont des clubs qui ont tendance à exploiter cette main d'œuvre étudiante qui leur est servie sur un plateau d'argent et qui ne traitent pas toujours les jeunes diplômés de manière très professionnelle. J'ai donc envie de leur dire : Soyez exigeants quant à vos conditions de travail : je croise trop souvent des entraineurs ou des préparateurs physiques qui sont diplômés mais qui acceptent pourtant d'être à la limite de l'exploitation. J'ai croisé des gars qui acceptaient un salaire inférieur à la moitié du SMIC alors qu'ils étaient diplômés à Bac + 3 ou Bac + 5 et que certains joueurs qu'ils entrainaient touchaient 10 fois le SMIC. Je pense que ce n'est pas acceptable et que pour éviter cela, il faut se préparer aux entretiens d'embauches et à tout le travail de négociation salariale qui va avec. Il ne faut pas accepter un poste si on vous demande de vous brader ! Par expérience, j'ai constaté que ceux qui faisaient des sacrifices financiers insensés perdaient souvent l'estime des clubs et finissaient par être remerciés et remplacés par des préparateurs que le club rétribuait « normalement », c'est à dire avec un vrai contrat et des conditions de travail décentes. Les rémunérations courantes dans mon milieu peuvent aller du SMIC jusqu'à 10 à 15 fois le SMIC. Il est bien évidemment difficile de se situer dans cette fourchette qui est très large. Mais il y a un seuil en dessous duquel je pense qu'il ne faut pas descendre.

Enfin, j'ai envie de dire aux étudiants et aux jeunes diplômés qu'ils ne doivent pas penser que la chance sera un facteur important de leur réussite : tout est une question d'opportunités que l'on provoque soi-même ou que l'on sait saisir !

 

Propos recueillis par Lucie Forté, le 30 septembre 2014

 


Date de mise à jour 23 octobre 2014


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